Quand mon corps m’a forcé à m’arrêter
Pendant longtemps, j’ai continué à avancer sans réellement écouter mon corps.
Jusqu’au jour où il a dit stop.
J’avais mal au ventre, mal à la tête. Je tremblais. J’étais constamment en surcharge, physiquement et mentalement, avec cette sensation d’être arrivée au bout de ce que je pouvais supporter.
Puis les symptômes sont devenus encore plus impressionnants. Mes pieds se sont engourdis, puis l’engourdissement est remonté jusqu’aux chevilles. Par moments, j’avais énormément de mal à marcher et à respirer.
Mon corps criait ce que, jusque-là, je n’avais pas réussi à entendre.
J’étais épuisée.
Épuisée de réfléchir, d’anticiper, de vouloir tout faire correctement. Épuisée de cette pression permanente que l’on peut s’imposer : réussir, assurer, être disponible, ne décevoir personne, faire toujours mieux et répondre à tout ce que l’on attend de nous.
À force de vouloir tenir, quelque chose finit parfois par craquer.
Ma rencontre avec la kinésiologie
C’est dans cette période que je suis allée faire des séances de kinésiologie.
La kinésiologie que j’ai découverte est une pratique complémentaire qui s’intéresse notamment aux liens que la personne peut faire entre son vécu, son stress, ses émotions et ses sensations corporelles. Selon les approches, le praticien utilise notamment le « test musculaire », c’est-à-dire une légère pression exercée sur un muscle, comme outil de dialogue au cours de la séance.
Il est important de préciser que cette pratique ne remplace pas la médecine et que le test musculaire n’est pas un outil de diagnostic médical scientifiquement validé. Des symptômes tels que des difficultés à respirer ou à marcher, des tremblements ou des engourdissements nécessitent également une évaluation médicale.
Dans mon parcours personnel, cependant, ces séances ont constitué un véritable espace d’écoute et d’introspection.
En quelques séances, j’ai commencé à prendre conscience de ce que je faisais endurer à mon corps.
J’ai compris que depuis des années, je lui demandais de suivre le rythme imposé par ma tête sans vraiment me demander s’il en était encore capable.
Alors, j’ai tout arrêté.
J’ai arrêté le café.
J’ai diminué autant que possible les sources de stress.
J’ai coupé l’ordinateur.
J’ai quitté les réseaux sociaux pendant un temps.
Et surtout, j’ai commencé à faire quelque chose que je ne faisais presque jamais : m’écouter.
Faire du vide autour de moi pour faire du calme en moi
Cette période m’a conduite vers une véritable introspection.
J’ai aussi découvert le minimalisme.
J’ai commencé à vider mes placards, à donner ou jeter les vêtements que je ne portais plus, à me séparer des objets accumulés inutilement et à alléger progressivement mon environnement.
Moins d’affaires.
Moins de sollicitations.
Moins d’écrans.
Moins de bruit.
Je me suis rendu compte que la surcharge n’était pas uniquement dans mon emploi du temps. Elle était partout : dans mon environnement, dans mes pensées, dans mes obligations, dans mes attentes envers moi-même.
En faisant de la place autour de moi, j’ai commencé à retrouver de la place en moi.
Réapprendre le langage de mon corps
La kinésiologie m’a surtout amenée à porter davantage attention aux signaux de mon corps.
J’ai appris à identifier mes propres signes d’alerte : les tensions, la fatigue, l’agitation, les douleurs, la respiration qui change, le mental qui ne s’arrête plus…
J’ai également commencé à observer comment mes pensées et mes émotions pouvaient influencer ce que je ressentais physiquement.
Le lien entre le psychisme et le corps n’est d’ailleurs pas une idée abstraite : le stress peut réellement provoquer ou aggraver certaines manifestations physiques. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les douleurs ou tous les symptômes sont causés par les émotions. Le corps est complexe et il est essentiel de ne pas attribuer automatiquement un symptôme physique à une origine émotionnelle.
Pour moi, cette démarche a plutôt consisté à me poser de nouvelles questions :
Qu’est-ce que je ressens ?
Pourquoi suis-je autant sous tension ?
Qu’est-ce que j’essaie constamment de contrôler ?
Quelles blessures du passé influencent encore ma manière de vivre aujourd’hui ?
Pourquoi ai-je autant besoin de bien faire ?
Et surtout : pour qui suis-je en train de vivre ?
Petit à petit, j’ai appris à ne plus considérer mon corps comme une machine qui devait simplement continuer à fonctionner.
J’ai appris à l’écouter.
De cette épreuve est née une nouvelle voie
Cette expérience m’a profondément transformée.
Elle m’a aidée à me révéler à moi-même et, aujourd’hui, j’ai décidé d’aller plus loin en entreprenant des formations en kinésiologie.
Parce que je voudrais, à mon tour, accompagner des personnes confrontées à ce mal de notre époque : la surcharge.
La surcharge mentale.
La surcharge émotionnelle.
La surcharge numérique.
La pression professionnelle.
Le besoin de tout réussir.
Cette impression qu’il faut être une bonne mère, un bon père, une bonne compagne, un bon compagnon, un bon collègue, un bon enfant, un bon ami… tout en travaillant, en gérant son quotidien, en répondant aux messages, en restant disponible et, idéalement, en gardant le sourire.
Et derrière tout cela se cache parfois une autre pression encore plus profonde : le devoir de bien faire pour être aimé, reconnu ou accepté par les personnes qui nous entourent.
Alors on tient.
On serre les dents.
On ignore la fatigue.
On repousse les limites.
On se dit que demain ça ira mieux.
Jusqu’au moment où le corps ne négocie plus.
Il impose l’arrêt.
Mon parcours m’a appris quelque chose d’essentiel : je ne veux plus attendre que mon corps hurle pour commencer à l’écouter.
Aujourd’hui, si je me forme à la kinésiologie, ce n’est pas pour promettre de guérir une maladie ni pour remplacer la médecine. C’est pour acquérir des outils d’accompagnement et offrir, à mon tour, un espace dans lequel une personne peut ralentir, s’écouter, prendre conscience de certains mécanismes et retrouver progressivement une relation plus attentive avec elle-même.
Parce que parfois, avant de chercher à en faire davantage, il faut apprendre à enlever.
Enlever le trop-plein.
Enlever certaines obligations.
Enlever le bruit.
Enlever cette nécessité de plaire à tout le monde.
Et retrouver, sous toutes ces couches, la personne que nous avions peut-être oubliée : nous-mêmes.

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